Discourir De L’œuvre De L’art Contemporain

De leur côté, les inspecteurs de la création, commissaires et conservateurs ont fait des expositions illustrant de nouveaux points de vue sur le sacré. Aucune symétrie ne régit cette demeure imaginaire, et incite le spectateur à en faire le tour comme il le ferait d’une ronde-bosse, découvrant à chaque nouveau point de vue une œuvre différente, une architecture sans façade, aux aspects changeants, et des perspectives qui semblent se réinventer à chaque seconde. Comme il est de règle dans l’art contemporain, cette oeuvre n’est intelligible que si l’on en lit la notice : « The Square est un sanctuaire de confiance et de bienveillance.

Ce 21 Juin 2020, pour marquer le début de la période estivale : l’entrée est gratuite pour toutes & tous ! La galerie éphémère est donc une stratégie réservée aux professionnels déjà renommés. Participant à des foires aux quatre coins de la planète, sa galerie constitue un bon baromètre.

« C’est incontournable, les collectionneurs ne viennent plus dans les galeries, qui sont pourtant les espaces où l’on peut le mieux réaliser des expositions personnelles permettant de comprendre le travail d’un artiste », confie-t-elle, reconnaissant que, « depuis dix ans, les galeries vivent et meurent des foires ». Elle investit un lieu ici ou là, le temps d’une exposition de quelques mois, entre deux foires. Emmanuelle et Jérôme de Noirmont, présents dans le métier depuis vingt ans, confirment : entre d’un côté les galeries émergentes et légères, pépinières de jeunes créateurs, et de l’autre les poids lourds internationaux du secteur comme Gagosian (12 galeries dans 7 pays), David Zwirner (présent à Londres et New York), White Cube (Londres, São Paulo, Hong Kong), ou Thaddeus Ropac (Salzbourg, Paris et Pantin avec 2.000 mètres carrés), les structures de taille intermédiaire se cherchent et ont souvent du mal à s’en sortir. Inauguré en 1961 par André Malraux, le musée d’art moderne André Malraux (MuMa) a été conçu par l’architecte Guy Lagneau aidé, entre autres, de Jean Prouvé qui a notamment réalisé la grande porte donnant sur la mer. Les publics des musées d’art et les amateurs de peinture des siècles passés, y compris de peinture non-figurative ou cubiste (ce qu’on appelle aujourd’hui l’art moderne), constituent le premier cercle des spectateurs susceptibles de se rallier à l’art contemporain.

Ce qui fait que les signes linguistiques (des mots, des phrases) tracés sur un support déterminé, avec une typographie soignée et mis en scène dans l’architecture du bâtiment, un espace, ou encore un volume construit à cet effet deviennent, pour certains créateurs et plasticiens, des œuvres d’art conceptuel. « Ma galerie est une PME de 12 personnes. Contre toute attente, « l’art est devenu une des dernières valeurs spirituelles de notre société ». « Le mauvais contexte politique, économique et social actuel, auquel s’ajoutent un climat idéologique malsain et une pression fiscale étouffante, obère toute perspective d’avenir du marché de l’art en France », estiment quant à eux Emmanuelle et Jérôme de Noirmont. Le tout dans un contexte morose en Europe et aux Etats-Unis, qui déteint sur les acheteurs. « Je vais à Art Basel, à la Tefaf de Maastricht, à Art Brussels, à la Fiac, à Art Paris, à Art Dubai, aux Biennales de Venise et d’Istanbul, ainsi qu’à la Documenta de Kassel », confirme Peter Hrechdakian, important amateur d’art et patron de la société d’engrais Unifert.

La seule fois où j’ai pu exposer à la Fiac, c’était au travers d’une association caritative. À la manière d’une géologue, elle cherche à faire remonter à la surface les couches, ce qui est caché, imperceptible, inaudible. PEAUX DES MURS Le travail de Claire Georgina Daudin, présenté dans le hall d’exposition des Humanités de l’INSA, est le fruit d’une recherche que l’artiste développe depuis plusieurs mois sur l’ensemble architectural du campus de la Doua. Le Comité professionnel des galeries d’art s’est même affiché au dernier salon Art Paris Art Fair, afin d’expliquer le travail de militant des marchands. Son travail de « poésie visuelle » n’est jamais aussi intéressant que lorsqu’il s’intéresse à la manière dont le langage peut nous isoler des individus avec lesquels nous souhaitons communiquer tout en ne partageant pas la même langue qu’eux. Le comble, c’est que l’art n’a jamais attiré autant. L’art contemporain peut prendre un “aspect jet-set”, d’abord parce que les prix sont difficilement abordables, ensuite parce que la barrière de la langue n’existe pas, mais surtout par son rejet de toute dimension d’esthétique ou d’authenticité. Pour faire émerger ou progresser un artiste, il faut tisser des liens avec les critiques d’art, les commissaires d’exposition, les musées et les fonds nationaux ou régionaux d’acquisition d’art contemporain, susceptibles de faire connaître ou acheter vos poulains, leur conférant une légitimité de nature à convaincre ensuite les collectionneurs influents et à faire grimper les prix.

Il faut ensuite faire de même avec les professionnels et musées étrangers pour ratisser plus large encore. Il faut en vendre des oeuvres ! Ainsi, il peut en coûter plus de 50.000 euros pour un stand spacieux et sa scénographie, près de 30.000 euros pour le transport des oeuvres vers une foire lointaine comme celle de Hong Kong : le prix à payer pour aller au-devant des collectionneurs du monde entier. » soupire Bernard Utudjian, de la galerie Polaris, qui a récemment organisé avec quelques confrères, dont la jeune galerie Sémiose, un parcours de huit expositions d’art contemporain à Saint-Emilion le temps d’un week-end pour tisser des liens plus conviviaux avec des collectionneurs. Ainsi sont généralement exclues de l’art contemporain « labellisé » les formes d’art dont la démarche ou les problématiques ne reflètent plus les tendances promues par la critique « contemporaine ». Alors que le pays possède bel et bien un réservoir d’artistes, dont le vivier principal se trouve à Cluj-Napoca, leurs meilleures perspectives se trouvent sur le marché global.